Alexandrine Sicre

Alexandrine Sicre, votre naturopathe à Maisons-Laffitte, Sartrouville

Ma petite expérience sans sucre ajouté

Article proposé par Pause Naturo

Ma petite expérience sans sucre ajouté (et sans sucre libre)…

Petit préambule pour ne pas décourager le lecteur : bien que je pense que le sucre ajouté fait partie des aliments à limiter au maximum, cet article « sans sucre » ne se veut pas moralisateur  et n’a pas pour but de vous laisser penser que tout ira mieux si vous arrêtez le sucre. J’avais juste envie de partager MON expérience, et mon vécu n’est pas à extrapoler, chaque organisme pouvant réagir différemment.

 

« Il ne faut pas se priver », « il faut manger un peu de tout », « ton cerveau a besoin de sucre », «alors il ne reste plus rien à manger », « tu te prends la tête » etc. Voilà un petit échantillon des réflexions courantes auxquelles il faut faire face quand on se lance dans un réglage alimentaire. Déjà qu’il faut puiser bien au fond de soi pour trouver la motivation qui nous permettra d’initier le processus de changement (et de privation), en plus faut-il encaisser les croyances, angoisses et railleries de notre entourage. Ma réflexion préférée ? « Il faut bien mourir de quelque chose ». Soit. Mais le plus tard possible, et surtout, avec la meilleure santé possible. Parce que personnellement, mourir du diabète ou du cancer (pas de raccourci, une alimentation saine ne permet pas systématiquement d’éviter la maladie), ça ne m’enchante pas, et je pense qu’une bonne santé vaut largement de petites privations. Je dis petites car, si au début,  le retrait de certains aliments paraît un terrible sacrifice, à terme, le corps est comme sevré et la tentation est moindre (à condition que l’assiette soit équilibrée et n’induise pas de fringale).

Ma source de motivation

Ce n’est pas la peur de la future maladie qui m’a motivée à arrêter le sucre. C’est le constat qu’à 35 ans, au réveil, j’avais l’impression d’en avoir 60. Muscles endoloris, lourdeur, fatigue profonde, 2 heures pour sortir de ma torpeur tous les jours. J’avais également remarqué, étudiante, que les biscuits en fin de repas ou au goûter provoquaient chez moi des « coups de pompes » : je me sentais complètement abrutie, impossible d’étudier ou de faire du sport dans ces moments là (les frites ont d’ailleurs le même effet sur moi).

L’activité physique et une alimentation relativement saine n’étaient donc pas suffisantes pour que je me sente en bonne santé, il y avait un problème dans l’équation.

Se décider

La prise de décision a été difficile car arrêter le sucre fait peur : il est partout et on l’adore. Et bien souvent, il se présente dans un joli costume aux couleurs chatoyantes. De plus, j’aime particulièrement faire des pâtisseries. Mais le douloureux constat matinal et quotidien a fait pencher la balance en faveur du sevrage ; je n’avais rien à perdre à essayer. Mais le sucre, qu’est-ce que c’est ? « Sucre », c’est un terme un peu fourre tout qui, selon la personne qui l’emploie, ne recouvre pas les mêmes notions (plus d’explications dans un prochain article). Dans cette expérience, j’ai décidé d’arrêter les aliments contenant des sucres libres[1] ajoutés tels que gâteaux et bonbons, ainsi que les aliments contenant des sucres libres non ajoutés tels que jus de fruit, miel, etc. Comme je consomme peu de produits industriels, je n’ai pas fait la chasse aux sucres libres ajoutés dans les préparations salées (j’ai donc consommé par exemple un peu de sauce soja ou de cubes de bouillon qui peuvent contenir des sucres ajoutés, selon les marques). J’ai également décidé d’arrêter le fromage (je ne consomme pas de lait ni de yaourt). Pourquoi le fromage ? Parce que malgré les apparences, malgré son index glycémique modéré, il a un index insulinémique très élevé. Autrement dit, il donne autant de travail au pancréas qu’une barre chocolatée !  J’ai également restreint l’alcool. J’ai continué à consommer fruits et féculents.

J’arrête d’un coup ou progressivement ?

Tout est question de caractère. Pour ma part, j’ai déjà essayé le progressif, cela ne me convient pas, j’ai besoin d’un sevrage net, direct. Les petites doses ne font qu’entretenir mon désir. Mais j’ai des clients pour qui le sevrage net n’est pas envisageable, cela leur provoque trop d’angoisses, de stress psychologique et physiologique. Le niveau de contrainte n’est pas assumé, ou trop en décalage avec l’objectif. Dans ce cas, pour ceux qui veulent tenter l’expérience,  il vaut mieux y aller progressivement, le but n’étant pas de se faire du mal. Je n’aurai de cesse de répéter que les changements alimentaires ne doivent pas se faire dans la violence (en tout cas le moins possible), il faut respecter et composer avec votre corps, d’autant plus si vous avez des troubles alimentaires. Par contre, il ne faut pas confondre violence avec un peu de discipline !

Se lancer

Il a fallu repenser les placards, au moins pour le début. Pas question de laisser trainer des gâteaux, du chocolat ou du fromage les premiers jours. Par chance, mon homme n’en achète pas et nous évitons en général d’en donner à notre fille.

Je me suis donc approvisionnée en oléagineux (noix du Brésil, amande, noix de Grenoble, noix de cajou), baies de goji, œufs, etc. histoire d’avoir quelque chose sur quoi me rabattre en cas de craquage. Et j’ai commencé…à arrêter.

Jour 1

Je n’ai pas l’habitude de manger sucré le matin, mais ce jour là, dés le réveil, je pensais à ma dose de sucre que je n’aurais pas. C’est l’effet pervers des régimes : l’angoisse qui naît de l’idée de la privation et augmente intensément le désir pour les substances proscrites. J’ai passé ma journée à penser à toute la bouffe que je ne pourrai plus ingurgiter (je dis bien bouffe, car il ne s’agit plus là d’alimentation, de nutrition ou de besoin physiologique vital, mais de fantasme délirant). J’ai passé en revue toutes les pâtisseries que j’avais déjà faites, celles que j’aimerais faire un jour, celles que je n’avais jamais goutées (ou juste un petit peu, mais pas assez). Après une journée peu productive, je retrouve mon homme qui tente l’aventure du sans sucre avec moi. Il a tenu. Moi aussi. Mais pour combien de temps ??? C’est crispés que nous ouvrons les placards et le frigo à la recherche du futur repas du soir qui saura peut-être nous soulager. Nous évitons le contact visuel, effrayés de lire dans le regard de l’autre une faille qui nous autoriserait à craquer.

Impossible de manger équilibré ce soir là, nous sommes trop nerveux, trop mal à l’aise avec nos pulsions. Nous craquons sur des pommes noisettes qui, espérons le, sauront nous consoler. En fin de repas, le ventre gonflé de ces petites boules diaboliques, je me rends à l’évidence : rien ne comblera cette crise dans mon cerveau, pas même un repas bien gras à l’indice glycémique douteux (et contenant des sucres ajoutés ?). Je me sens comme un lion en cage, je tourne en rond, j’ai un mal fou à me canaliser, j’ai envie de me cogner la tête contre les murs. Nous nous préparons une petite boisson chaude, histoire de se calmer, et ça marche… juste un peu. Mais c’est déjà ça.

Agacée, ne sachant quoi faire du reste de ma soirée, je vais me mettre au lit. Ici démarre la suite de la galère. Je passe la nuit en demi-sommeil, entre rêve et réalité, à me tourner et me retourner dans mon lit. Est-ce déjà le manque qui fait turbiner mes intestins et mon cerveau ? Ou est-ce mon foie qui, allégé de la dose de sucre quotidienne, peut enfin dire ouf et augmente son travail de détoxification ?

Jour 2.

Il ressemble au jour 1, en un peu pire. Je suis fatiguée de ma nuit agitée, apparemment le sevrage ne se fait pas en 24h et je suis toujours en manque. Et comme je suis déterminée à tenir le coup, je sais que je vais encore souffrir aujourd’hui.

Par contre, je décide de ruser un peu : je file à la chocolaterie Monin 1860 m’approvisionner en chocolat 100% à la cannelle. Pas de sucre, mais la saveur du bon cacao, ouf, je suis sauvée (un peu).

Jour 3

Humeur de chien. Envie de sucre. Nuit de merde

Jour 4

Idem jour 3

Jour 7 

Je me lève, je me sens bien physiquement. Les muscles détendus, légers. La nuit a été courte (6h au lieu de 8h30) mais le sommeil profond, et  je suis en forme. Genre vraiment en forme.

Je passe devant la boulangerie : je trouve les gâteaux magnifiques. Mais aucun appel de mon corps ! Je n’ai plus envie de sucre !!!  Enfin, mon corps n’a plus envie de sucre. Parce que mon cerveau, bizarrement, a l’air d’en avoir envie : c’est comme si le souvenir du feu d’artifices provoqué par le sucre était encore très présent. Mon corps n’a plus besoin de la saveur sucrée mais mon cerveau réclame le feu d’artifice.

Côté humeur, ce n’est toujours pas ça. Odieuse, dites-vous ?

J15 : la grosse déprime

Celle-là je ne l’ai pas vue venir ! Deux jours à m’engueuler avec mon homme, à pleurer toutes les heures, profondément déprimée. Je ne comprends pas ce qui se passe, j’allais si bien. Toutefois, pas d’envie de sucre.

C’est quelques semaines plus tard que je résous l’énigme, en regardant un documentaire sur le sucre sur Arte, « J’arrête le sucre ». Il s’avère que cette grosse déprime, c’est le « sugar blues », un phénomène habituel  lors du sevrage de sucre. Il vaut mieux le savoir et être capable de l’identifier, pour prendre du recul,  faute de quoi on se sent désarmé quand ça nous tombe dessus.

J20 : l’invitation à manger chez des amis

Concernant l’alimentation, j’ai dans l’ensemble beaucoup de chance au niveau de mon entourage : il y en a qui font comme moi, qui expérimentent. Il y en a qui aimeraient faire comme moi mais qui n’ont pas encore trouvé la motivation suffisante, et qui respectent. Il y a les curieux, qui me posent des questions sur mes motivations, sur l’intérêt de la chose. Il y a les réfractaires, qui ont la gentillesse de garder leur avis pour eux et qui font quand même l’effort de s’adapter. Et bien sûr il y a quelques réfractaires qui affichent ouvertement leur mépris ; selon l’humeur, j’ai soit la bêtise de rentrer dans le débat soit je l’esquive en douceur. Je vous conseille d’ailleurs la deuxième option. Comment débattre d’un sujet qu’absolument personne sur terre ne maîtrise ? Comment affirmer quelle alimentation est la meilleure alors que celle-ci doit-être individualisée, s’adaptant aux capacités digestives et au mode de vie de chacun ? Et comment en arrive-t-on à en être agressif en parlant de nourriture ???

Bref, me voilà chez les amis, ceux du genre curieux. J’évite l’alcool à l’apéro, que je remplace par une eau pétillante avec rondelle de citron. Ça ne vaut pas une bonne bière, mais ça va, ça se passe bien, l’essentiel est de profiter de mes amis, n’est-ce pas ? A table, je mange bien, je profite du repas, je sais que je m’arrête après le plat. Arrive le dessert : je suis étonnée, mais vraiment, je n’en ai pas envie. Il est beau, appétissant, mais je ne ressens pas physiquement le besoin d’en manger, même pas pour goûter. Par contre, mon cerveau se manifeste toujours, il me joue la carte de la nostalgie : « rappelle-toi l’extase… ». Cette scission entre ce qui semble provenir du corps dans son ensemble et le signal qui semble être émis spécifiquement par le cerveau est vraiment difficile à expliquer, je crois qu’il faut l’avoir expérimentée pour se représenter pleinement cette dualité.

Pour moi, cette sortie est vraiment une victoire. Parce que résister à la maison, c’est une chose, mais dans un contexte social de fête, de partage de nourriture, c’en est une autre. Et l’hôtesse ne me fait pas culpabiliser de ne pas goûter son bon gâteau fait maison, c’est sympa.

L’apéro

Après un mois d’expérience rigoureuse, je m’autorise un apéro : une bonne bière belge qui ne se laisse pas faire (traduction : 8 degrés). Je l’apprécie vraiment. Et là encore, surprise le lendemain au réveil : je constate que je l’ai vraiment bien supportée par rapport à d’habitude, je ne me sens pas encrassée ou rouillée. Quelques temps après, mon frère a tenté également l’expérience du sans sucre, et a fait la même constatation que moi concernant l’alcool : il le supportait beaucoup mieux ! J’en déduis que le foie, allégé par la restriction en sucre, et mieux disposé à faire son travail de détoxification de l’alcool.

J60 : le bilan de cette expérience

Beaucoup de choses se sont améliorées, au-delà de ce que j’attendais de l’expérience. Je dors comme un bébé (cela ne m’était pas arrivé depuis des années), je me réveille tôt, d’attaque pour la journée. Je n’ai plus mal aux intestins et le syndrome prémenstruel est devenu discret. Ce qui m’a le plus surprise : je suis de nature irritable (enfin, je croyais que c’était dans ma nature), et là, plus rien! Je suis calme, cool, plus d’agressivité, plus de noms d’oiseaux au volant ! Même mes angoisses, plutôt tenaces, sont apaisées. Quant au sport…mais d’où me vient toute cette énergie ?! Je constate que j’ai perdu un peu de poids bien que ce ne fut pas le but (entre 1 et 2 kg environ, je n’ai pas de balance), mais surtout, ma cellulite a fondu.

Les résultats ont été spectaculaires chez moi, car visiblement je ne supporte vraiment pas bien ce genre de sucres (et j’ai souvent eu la main lourde par le passé, surtout pendant mes années d’étudiante). Mais si vous tentez l’expérience et que les résultats sont plus discrets pour vous, ne soyez pas déçus, sachez qu’on ne voit pas toujours quand le pancréas ou le foie souffrent, et cette trêve aura surement été bénéfique à votre organisme.

D’après ce que j’ai lu, vu et entendu depuis cette expérience, les modifications les plus courantes en cas d’arrêt des sucres ajoutés sont : amélioration du sommeil, amélioration de l’humeur, davantage de tonus physique, diminution de la cellulite chez les femmes.

 

Revenons sur terre

Il ne faut pas se leurrer, c’est difficile. Et pour ceux qui seraient tentés par l’expérience, la réussite du « sevrage »  reposera sur plusieurs paramètres :

  • Il vaut mieux accepter d’emblée que l’expérience du « sans sucre » a toutes les chances d’être difficile (encore une fois, tout dépend de votre consommation habituelle) et se conditionner pour vivre et accepter cette difficulté.
  • Votre source de motivation sera aussi déterminante. En effet, je constate à travers mes clients que les réglages alimentaires motivés uniquement par la perte de poids sont presque toujours mal vécus et voués à l’échec. Il me semble que la motivation centrée sur la santé est plus robuste.
  • Travailler sur la notion de récompense, bien-être, petit plaisir : vous avez peur de ne pas survivre sans votre petit plaisir sucré ? Soyez créatif, trouvez une autre source de plaisir : sport, peinture, yoga, un moment avec vos amis ou votre famille, un bon fou rire, etc. La vie regorge de petits plaisirs !
  • La réussite de l’expérience dépendra aussi de votre investissement pour cuisiner des repas à la fois très équilibrés et appétitifs, surtout si vous êtes gourmand (difficile de résister au sucre en fin de repas si votre assiette était carencée et ne vous a apporté aucune satisfaction visuelle ni gustative). Je pense que le choix de certains féculents tels que le sarrasin, le quinoa ou la patate douce a permis dans mon cas de limiter les fringales, grâce à leurs qualités nutritionnelles. Ce qui m’a également aidée à tenir au début : les baies de goji pour leur saveur sucrée en fin de repas, le chocolat 100%, et l’augmentation des protéines animales.

Si vous souhaitez tenter  l’expérience, sachez que selon votre degré d’intoxication, les symptômes du sevrage seront plus ou moins importants et la période de manque sera plus ou moins longue (des personnes m’ont raconté avoir été en manque profond de sucre pendant 3 semaines).

 

Et la reprise du sucre ?

Deux mois après le début de l’expérience, j’ai décidé de me laisser tenter par une petite pâtisserie dont je raffole : la tarte au citron meringuée. Et là, surprise : ça ne me fait plus de feu d’artifice dans le cerveau. Je trouve ça beau, appétissant, j’ai envie de m’en régaler, mais quand je la mange, rien ne se passe. Je sens qu’elle a du goût, je peux dire qu’elle est bonne, mais je n’éprouve aucun plaisir à la manger. Je suis dubitative. D’un côté, je suis déçue, je m’attendais à une avalanche de plaisir. D’un autre côté, je me dit que c’est une bonne chose si le sucre me procure moins de plaisir, j’aurai toutes les raisons de m’en passer.

Une semaine plus tard je retente l’expérience avec les macarons (dont je raffole aussi, bien évidemment). Et là, nouvelle surprise : je trouve ça carrément trop sucré, c’est désagréable !

La Happy End ?

Hahaha ! La vie étant ce qu’elle est, elle m’a ballotée, épuisée, énervée, tentée puis mise au supplice. J’ai passé plusieurs mois avec une consommation de sucre tout à fait raisonnable, puis mon frère et mon homme ont chacun décidé de leur côté de me transformer en caramel géant.  J’ai donc reçu pour noël des kilos (je n’exagère pas !) de friandises parmi les plus sucrées qui soient : calissons, fruits déguisés, chocolats américains fourrés au beurre de cacahuètes, bretzels au chocolat, etc. Et comme je suis polie, j’ai tout mangé (avec l’aide de mon homme, très solidaire bien-sûr). Et petit à petit mon cerveau a refait des feux d’artifices. Et j’ai recommencé à me réveiller la nuit. Et à ne plus me lever le matin. Et à être énervée très régulièrement. Du coup, je recommence le sevrage depuis une semaine. Quoi, mon humeur ?

Note technique sur le sucre

J’ai voulu conclure cet article sur une petite note « technique » concernant le sucre, et je me suis rendue compte qu’il y avait énormément à dire sur le sujet, car la confusion règne sur le sujet et de nombreuses informations erronées sont diffusées.  Le mot  « sucre » par exemple, n’est pas toujours usité de manière correcte, tout comme la notion de sucre « raffiné » est très souvent employée à tors. Cette note technique fera donc finalement  l’objet d’un prochain article !

[1] Définition de l’OMS : « Les «sucres libres» sont les monosaccharides (glucose, fructose) et les disaccharides (saccharose ou sucre de table) ajoutés aux aliments et aux boissons par le fabricant, le cuisinier ou le consommateur, ainsi que les sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruits et les jus de fruits à base de concentré. »

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